Vercingétorix et la Guerre des Gaules

Vercingétorix
82—46 av. J.-C.

Présenté comme le Père du roman national français, l’illustre chef des Arvernes fut l’instigateur de la Guerre des Gaules dans un seul but : soulever son peuple contre l’Empire Romain.

Ses velléités de reconquête le mèneront à faire douter Jules César à l’époque de l’insurrection gauloise, jusqu’au siège d’Alésia qui mit un terme à son parcours guerrier.

Rappel sur la Gaule à l’époque de Vercingétorix : un contexte particulier


Au premier siècle avant J.-C., la Gaule n’était pas vraiment unie. Différents peuples, clans et tribus celtes cohabitaient parfois avec difficulté compte tenu des nombreuses rivalités qui les animaient.

-58 : Caïus Julius Caesar ( plus connu sous le nom de Jules César) arrive pour conquérir de nouveaux territoires dans une Gaule fragilisée par les rivalités internes entre tribus.

Il va d’abord aider plusieurs peuples gaulois en massacrant les Helvètes et les Germains qui constituaient à l’époque une réelle menace d’envahissement en Gaule.

La présence de plus en plus oppressante de Jules César et ses nombreuses manœuvres politiques avec les tribus Gauloises commencent à agacer.

-53 : Une révolte a lieu en Gaule contre les Romains, et Vercingétorix entre en scène en -52.


L’HOMME

Qui est « Vercingétorix »?

Première chose importante à retenir : nous ne connaissons pas réellement son vrai nom.

Vercingétorix signifie « le grand chef guerrier ». C’est un Arverne.

Nous savons qu’il était le fils de Cetillios, ancien chef Arverne (dont les ambitions l’ont mené à sa perte).

Jochen Jahnke, Statue de Vercingétorix à Alésia
Eugène Delacroix, Vercingétorix, 1829

Son but ultime : soulever la Gaule contre l’Empire Romain, puis reconquérir Rome. Il rêvait d’un nouvel empire celtique.

Une partie des éléments qui constituent la biographie de Vercingétorix sont des hypothèses et des recoupements de traces historiques.

En effet, Cetillios, le père de Vercingétorix, souhaitait reprendre le contrôle de ses terres en chassant les Romains. Sauf que son peuple, à l’époque plutôt favorable aux Romains, ne l’entendait pas de cette oreille. Il semblerait qu’il eut été brûlé sur la place publique.

Ainsi, la révolte tant espérée par Cetillios n’eut pas encore lieu durant son règne. Vercingétorix, fils de Cetillios, connaissaît bien les Romains. Très bien même, puisque selon certaines sources il eut un rôle important dans le camp Romain, et aurait même été un serviteur de César au sein de ses légions, avant de se révolter.

Cependant, il retourne à Gergovie suite à l’appel des druides (anti-romains) qui vont persuader et charger Vercingétorix de mener une révolte. Mais son oncle, pro-romain, le chasse de Gergovie.

Malgré cet exil forcé, Vercingétorix réussit à convaincre plusieurs peuples gaulois de mener une insurrection contre son propre oncle dans le but de faire ensuite la guerre contre les romains.

Il devient en quelques sortes le « Roi de Gaule », selon les récits rapportés par César et les différents témoignages romains de l’époque.

Rejoint par d’autres peuples de l’Ouest, et en compagnie des Parisii, des Sénons et bien sûr des Arvernes, Vercingétorix est prêt à guerroyer et bouter l’envahisseur romain hors de ses terres.

Les batailles contre Jules César

A cette époque, Jules César contrôle des endroits très stratégiques en Gaule, essentiellement utilisés pour ravitailler ses troupes.

Vercingétorix, qui n’était pas de taille à lutter « à la régulière » sur un champ de bataille contre des Romains organisés et dirigés par de fins stratèges, va opter pour une autre solution : la stratégie de la Terre Brûlée.

Concrètement, cette tactique employée par les gaulois insurrectionnistes consistait à saccager leurs propres terres afin de mettre en péril l’organisation de leur ennemi romain.

César se trouve face à une décision importante : doit-il battre en retraite et céder du terrain à Vercingétorix ? Ou plutôt continuer sa conquête de la Gaule pour trouver de nouveaux points de ravitaillement.

carte du plateau de Gergovie

Le siège de Gergovie

Probablement entre Juillet et Août 52 av. J.-C.

En suivant le cours de l’Allier, César et ses troupes parviennent à atteindre les abords de Gergovie, où se basent Vercingétorix et ses troupes réunies derrière leurs fortifications.

Bien que la localisation exacte du lieu soit encore sujet à polémiques dans le monde des historiens, on trouve plusieurs cartographies mentionnant la Montagne de Gergovie (à quelques kilomètres au sud de l’actuel Clermont-Ferrand).

Les sommets sont occupés par les troupes de Vercingétorix, tandis que César prépare un siège. Il fait donc construire deux camps reliés d’un fossé protecteur en attendant d’attaquer.

La bataille débute par une diversion romaine. César envoie une petite légion de cavaliers pour détourner l’attention des forces gauloises à l’Ouest de l’oppidum*.

Dans le même temps, il envoie d’autres légionnaires vers la forteresse des Gaulois par le sud du plateau. Sa manœuvre a pour but de bénéficier de l’effet de surprise.

Mais les Gaulois résistent, et repoussent les incursions romaines.

*oppidum = nom donné par les historiens romains à un type d’habitat protohistorique fortifié que l’on trouve en Europe occidentale et centrale.

Selon les dires de César, 700 légionnaires romains auraient été tués lors de ce siège. Ce nombre est probablement sous-estimé, puisque les multiples échecs pour repousser les Gaulois du plateau de Gergovie ont amené César à lever le camp et abandonner le siège.

La nouvelle du « triomphe » de Vercingtorix se répand à toute allure, et son autorité ne fait plus aucun doute dans les cités gauloises. Ce dernier aurait déclaré à ses troupes :


« Quand nous formerons une seule volonté, le monde entier ne pourra nous résister. »

— Vercingétorix à Gergovie

A partir de cette bataille, de nombreux peuples gaulois rejoignent les rangs de Vercingétorix, et le suivront dans cette chevauchée folle en multipliant les assauts de harcèlement sur les légions romaines, jusqu’à cette ultime bataille d’Alésia.

Alésia, le désastre Gaulois (Septembre 52 av. J.-C.)

Les Gaulois ont donc repoussé César à Gergovie. Puis, voyant l’armée romaine battre en retraite, Vercingétorix décide de le poursuivre pour continuer son harcèlement.

Malheureusement pour ce dernier, César a plus d’un tour dans son sac.

Les Romains, grâce à l’apport de la cavalerie germanique, mettent les gaulois en déroute. Ces Germains, opportunistes, ont donc changé leur fusil d’épaule, eux qui, quelques temps auparavant, furent les ennemis de César qui promettait à l’époque aux Gaulois de les protéger d’un envahissement Germain.

Ce recrutement de dernière minute force l’armée de Vercingetorix à se regrouper dans la région d’Alice Sainte-Reine, en Bourgogne Franche-Comté.

C’est à ce moment que César décida d’encercler les troupes gauloises dans l’oppidum d’Alésia.

César adopte une nouvelle stratégie

Sauf que cette fois-ci, César a bien retenu la leçon du précédent siège à Gergovie.
Ce dernier entreprend des travaux consistant à encercler complètement les gaulois à l’aide d’une double fortification tout autour du plateau d’Alésia.

Croquis de la bataille d’Alésia, dessiné par Muriel Gottrop en décembre 2004 – Wikimedia Commons.

On peut logiquement comprendre les deux objectifs :

  1. Priver Vercingétorix d’une solution de repli : son camp est totalement entouré par une première ligne de fortifications romaines
  2. Repousser les assauts des renforts gaulois avec sa deuxième ceinture de soldats et l’aide des cavaliers germaniques.

Cette tactique fonctionne, et Vercingétorix se rend après plusieurs semaines de siège. L’insurrection gauloise prend fin.

Qu’est-il advenu de Vercingétorix ?

Pour la Gaule, la bataille d’Alésia est l’événement qui conduit à sa soumission envers César et la domination romaine.

Malgré quelques faits de résistance anecdotiques suite au siège d’Alésia, la Gaule devient bel et bien une province romaine sous le commandement de Jules César.

Concernant la mort de Vercingétorix, deux hypothèses subsistent aux yeux des chercheurs :

1) Une version « officielle »

Vercingétorix aurait été détenu dans les geôles de la prison Mamertine, située aujourd’hui sous l’église San Giuseppe dei Falegnami à Rome. Mais rappelons que Jules César et Vercingétorix se vouaient probablement une admiration mutuelle, et un respect entre chef de guerres. C’est pourquoi de nombreux historiens relatent que Vercingétorix ne fut pas maltraité ni emprisonné dans de mauvaises conditions. Cependant, il aurait été finalement exécuté après 6 ans de captivité, en -46 av. J.-C., à l’âge de 36 ans.

2) La théorie de Jean-Louis Brunaux

Cet archéologue français spécialiste de la civilisation gauloise nous indique que César aurait fait de son ennemi emblématique une victime expiatoire en laissant les geôliers de Vercingétorix l’étrangler dans sa prison, potentiellement dans les heures qui ont suivi le triomphe. L’objectif étant peut-être d’éviter un emprisonnement humiliant pour le chef gaulois tout juste vaincu. Sa mort serait donc survenue bien plus tôt que ce que l’on s’imagine et ce que l’on nous enseigne en classe, selon les dires de Jean-Louis Brunaux.

En conclusion sur Vercingétorix

L’ancien chef des Arvernes fut le fédérateur d’un grand nombre de tribus gauloises pour tenter de contrer la domination romaine en Gaule.

Il incarne depuis la IIIème république une figure mythique dans l’histoire de France, qui le considère comme étant le premier chef véritable de notre nation.

« Le césarisme fait le bonheur des peuples […] Tout en honorant la mémoire de Vercingétorix, il ne nous est pas permis de déplorer sa défaite. Admirons l’amour sincère de ce chef gaulois pour l’indépendance de son pays. Mais n’oublions pas que c’est au triomphe des armées romaines qu’est due notre civilisation : institutions, mœurs, langue, tout nous vient de la conquête. Aussi sommes-nous bien plus des fils des vainqueurs que ceux des vaincus »

Napoléon III

Pour aller plus loin

N’étant pas moi-même historien ou spécialiste de la civilisation Gauloise, j’ai pris le soin de m’informer via ce que j’estime être des sources de qualité afin de réaliser cet article :

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